Tuesday 28 Feb 2017

De Londres à Sydney: Courir contre le harcèlement

Tristesse, dépression, douleur, malheur, confusion, embarras, stress, insulte – voilà quelques sentiments que Ben Smith, coureur de marathon britannique actif en faveur de diverses associations caritatives, a ressenti chaque jour pendant plus de 8 ans. Ben est une victime de harcèlement entre pairs. « Imaginez le sentiment d’incertitude de se réveiller chaque matin terrifié de ce qui va vous arriver au cours de la journée, » a déclaré Ben à un auditoire de près de 200 élèves de l’école primaire de La Châtaigneraie. 

Avec ses parents dans les forces armées stationnés en Allemagne, Ben a été contraint d’intégrer un internat au Royaume-Uni. Arraché de ses fondations, et se sentant comme la bête rare, il se renferme sur lui-même, devenant ainsi une cible facile pour les auteurs de harcèlement qui le persécutaient simplement parce qu’il était différent, dans le cas de Ben, pour son homosexualité. « Dans un environnement comme l’Ecolint, la diversité culturelle est quelque chose de normal et positif. Mais dans de nombreuses écoles au Royaume-Uni et à travers le monde, le fait d’avoir une culture différente est mal vu, et certains enfants doivent aller à l’école chaque jour craignant pour leur vie », at-il poursuivi.

Je me suis rendu compte que j’avais gâché ma vie

Malgré avoir passé cette difficile période scolaire, être allé à l’université et avoir eu du succès professionnel, Ben est resté fondamentalement malheureux, car son estime de soi était au plus bas et toute sa vie adulte se centrait sur l’approbation des autres. « A 29 ans, j’ai eu mon moment Eureka, » a dit Ben, expliquant qu’il s’est retrouvé au bureau incapable de voir, incapable d’entendre de son oreille gauche et incapable de sentir son bras gauche. Ben avait fait un accident vasculaire cérébral. Pourtant, en dehors de la peur qu’il éprouvait, cette expérience terrible lui ouvrit les yeux et il réalisa qu’il avait gâché toute sa vie.  

C’est alors qu’il a fait un choix décisif pour reprendre sa vie en main. Révélant son homosexualité, il décide aussi de se remettre en forme. C’est à ce moment qu’a commencé le travail dur, explique Ben, car « j’ai dû désactiver la façon dont j’ai pensé durant des années ». A la suggestion d’un ami, il a décidé de s’essayer à la course à pied. Dès le premier pas, il est tombé amoureux de ce sport et le sens de liberté, d’aventure et de défi qu’il apporte. En 6 mois, il avait couru son premier marathon à Brighton, utilisant la course comme moyen d’explorer et d’exprimer qui il est, et de se surpasser au-delà des limites qu’il s’était fixé tout au long de sa vie. 

Courir de Londres à Sydney

Réalisant qu’il voulait faire une différence dans le monde, Ben et son équipe (son père, son partenaire et sa responsable marketing) ont conçu l’idée du  401 Challenge pour sensibiliser la population au harcèlement et à la sexualité. Le challenge a commencé le 1er septembre 2015, avec le premier marathon à Bristol. 400 jours plus tard, et avec 16’908km – à peu près la distance entre Londres et Sydney - derrière lui, Ben a terminé le challenge, revenant plein cercle à sa ville natale. « Ayant couru avec 9500 personnes, ayant bu plus de 2600L d’eau, j’ai eu l’aventure d’une vie » at-il déclaré.

« Je suis un bonhomme de 34 ans du Royaume-Uni, et je peux maintenant dire haut et fort que je suis la seule personne au monde à avoir fait ce que j’ai fait », at-il conclu. Lançant un dernier appel aux élèves pour qu’ils imaginent toutes les possibilités qui s’offrent à eux, il a conclu que « la moitié de la bataille se passe dans votre tête pour se convaincre que l’impossible devient possible. Si vous y croyez, vous y parviendrez ». Voilà une leçon importante pour les 1200 élèves de l’Ecolint que Ben a rencontré durant ses deux jours à Genève : faire confiance en soi, vivre pour soi-même et ne jamais accepter de harcèlement.

A propos du harcèlement

Grâce au 401 Challenge, Ben Smith a récolté CHF 475,000 pour soutenir les organismes pour la défense LGBT et contre le harcèlement Stonewall et Kidscape. . Le harcèlement peut être de nature physique, sexuelle, verbale ou émotionnelle. Il suppose une intimidation physique, émotionnelle ou verbale ou du cyber-harcèlement. Cette dernière forme, qui est en constante augmentation, est signalée par plus de 73% des victimes. Selon la Société nationale britannique pour la prévention de la cruauté envers les enfants, il y eu plus de 11,000 séances de suivi psychologique liées au cyber-harcèlement entre les jeunes et Childline en 2015/2016. Dans le Canton de Vaud, une étude sur 7324 adolescents âgés de 14 à 15 ans révèle qu’environ 46% ont été victimes de cyber-harcèlement au moins une fois au cours de l’année 2014.  

Cliquez ici pour accéder à la politique anti-harcèlement de l'Ecolint

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