Wednesday 03 May 2017

Prêter sa voix à la paix

Yael Deckelbaum et Miriam Toukan sont des activistes de la paix et, malgré le fait que le conflit auquel elles tentent de mettre fin continue de battre son plein, elles sont un exemple remarquable que la paix est possible entre les Israéliens et les Palestiniens. Depuis leur rencontre en septembre 2016, la chanteuse-compositrice israélienne Yael et la chanteuse arabe israélienne Miriam se sont unies pour prêter leurs voix à la cause de la paix. Chantant en arabe et en hébreux l’appel de John Lennon « d’imaginer tout le monde vivre dans la paix », Yael et Miriam ont présenté un tableau frappant pour le groupe d’élèves de La Châtaigneraie qui les a rencontrés. 

« Je me suis rendue compte que j’étais frustrée par la façon dont le monde se comporte et de comment le système essaye de façonner les gens », a expliqué Yael pour la raison qui l’a poussée à s’engager pour le changement en Israël. Se joignant à d’autres militants, elle a voyagé à travers le pays pour chanter et demander aux gens quel était leur rêve pour l’avenir. « J’ai compris que beaucoup de monde avait du mal à rêver, mais que fondamentalement, tous veulent la paix et un espace sûr pour voir grandir leur enfants », a-t-elle poursuivi. Expliquant que ce désir de paix transcende les différences ethniques, linguistiques et religieuses, Yael regrette que la paix soit de plus en plus difficile à atteindre, car la guerre entraîne toujours plus de désespoir et de ségrégation.  

Faire la paix par la musique

Peu après, Yael a découvert Women Wage Peace, un mouvement de femmes israéliennes et palestiniennes qui collabore et œuvre ensemble pour aboutir à un accord de paix viable dans la région. Trouvant l’inspiration, elle a composé la chanson « Prayer of the Mothers », un hymne qui a été repris par le mouvement dans leur Marche de l’espoir. « Du nord au sud, de l’ouest à l’est », les élèves de l’Ecolint se sont joints à la chorale de cette chanson qui demande que la prière des mères soit entendue – une prière pour la paix.

« J’ai de la chance d’avoir un mélange arabe, israélien, palestinien et chrétien », a dit Miriam, qui a expliqué qu’elle avait été élevée dans une famille qui l’a appris à aimer les autres, peu importe leur origine. Chantant dès son plus jeune âge, Miriam a été choisie pour participer au concours de chansons israélien Kokhav Nolad, basé sur American Idol, où elle a été la première participante du spectacle à chanter en arabe. Ainsi, elle s’est retrouvée à représenter tout un pan de la société – la société arabe israélienne. « En tant que musicienne, je me suis rendue compte que je pouvais utiliser la musique pour rassembler les gens », a continué Miriam. Lançant un groupe appelé QuarteToukan, composé de musiciens de quatre cultures différentes, Miriam espère réunir l’est et l’ouest et emmener son public dans un voyage multiculturel qui montre que la diversité est une richesse et non pas un handicap.   

« En collaborant avec Women Wage Peace, nous avons vu que les gens peuvent s’unir autour d’un rêve commun, peu importe leur pays ou leur religion », a déclaré Yael. « Pourtant, malgré cela, des efforts doivent aussi être faits par les deux parties pour comprendre l’héritage de chacun. En Israël, tous les enfants devraient apprendre l’arabe, tout comme les Arabes apprennent l’hébreu », se sont accordées les deux musiciennes, montrant les élèves de l’Ecolint comme l’exemple parfait d’une multitude de cultures qui s’entendent parce qu’elles apprennent à se connaitre et se respectent donc. 

La musique comme langue globale

Pour Miriam et Yael, une solution possible pour la paix est de prendre l’exemple de la musique. Lorsque les élèves leur ont demandé si elles pensaient que la musique pouvait changer le monde, les deux chanteuses ont affirmé sans aucune hésitation que oui. « Bien que les racines musicales peuvent varier énormément, la musique est une langue globale qui relie les gens », a insisté Yael. « C’est une langue qui communique des sentiments », a, quant à elle, conclu Miriam, « elle a un pouvoir guérisseur sur la maladie, la dépression et la guerre ».  

De chanter la « Prayer of the Mothers » et la rencontre de Yael et de Miriam ont été des moments émouvants pour les élèves de La Châtaigneraie qui ont tous été élevés dans l’environnement multiculturel qu’est l’Ecolint et éduqués conformément à son engagement décisif pour la paix, l’inclusion, la tolérance et le respect. Enrichis par cette expérience et en vertu des valeurs susmentionnées qu’ils adoptent au quotidien, les élèves de l’Ecolint sont, sans aucun doute, parmi ceux qui, comme John Lennon, imaginent que le monde vivra, un jour, uni.  

Share this article