Thursday 16 Mar 2017

La justice en détention

Le 21 août 2008, Sean Rigg, un musicien britannique noir de 40 ans, souffrant de schizophrénie paranoïaque, décède alors qu’ils se trouvait en garde à vue dans un poste de police du sud de Londres. Pour Marcia Rigg, sœur de Sean et militante pour les droits civils, sa mort – et le fait que personne ne soit tenu responsable – est inacceptable.

« Sean n’était pas un criminel » a dit Marcia aux 300 élèves de La Châtaigneraie présents à sa conférence. « C’était quelqu’un qui souffrait et avait besoin de soins médicaux. Au lieu, il est mort aux pieds des policiers ». Expliquant la difficulté d’obtenir des réponses sur la mort de son frère, Marcia a souligné l’indécision et le manque de détermination de la commission chargée d’enquêter sur cette affaire.

Á l’école, nous apprenons les compétences de bases de l’éducation, c’est-à-dire la lecture, l’écriture et l’arithmétique. Mais c’est une autre leçon que les élèves de l’Ecolint ont apprise avec Marcia et le cinéaste et activiste politique Ken Fero qui l’accompagnait : les « trois R » de la résistance, de la recherche et de la responsabilité. « Pour chaque mort en détention, des gens se battent pour obtenir justice », a expliqué Ken en définissant la « résistance ». Pour la recherche, Ken a encouragé les élèves à s’informer sur ce genre de phénomène. Enfin, il a exhorté les élèves à prendre des responsabilités et à s’impliquer, à quitter leurs zones de confort en parlant de questions difficiles et en faisant connaître ces tragédies. 

« L’espoir est très important pour continuer la lutte et obtenir justice », a poursuivi Marcia, citant le documentaire de 2001 Injustice comme exemple. Il a remporté de nombreux prix pour son exploration du lien entre la police et les violations des droits de l’homme en Europe, et leur dénonciation. Commençant par l’histoire de David Oluwale qui est mort en garde à vue en 1969, il présente la lutte acharnée des familles qui ont depuis essayé de découvrir comment elles ont perdu leurs proches et pourquoi personne n’a jamais été tenu responsable. Réunissant les familles et sensibilisant aux décès en détention, Injustice a forcé le gouvernement britannique à abolir le système d’autoréglementation de la police et à la remplacer par un système nouveau et plus efficace. 

« Il doit y avoir une décision politique et une volonté de s’assurer que les décès en détention soient considérés comme des violations des droits humains », a conclu Marcia. Pour les élèves de l’Ecolint, immergés dans un environnement inclusif, de respect et de compréhension interculturelle qui découle, entre autres, des liens historiques de l’Ecolint avec les Nations Unies, le témoignage de Marcia ne fera que les renforcer dans leur défense et promotion de la Déclaration universelle des droits de l’homme et son décret que « Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne ».

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