Wednesday 05 Apr 2017

De « la survie du plus fort » à « l’invention du meilleur » : Le design au Campus des Nations

Grâce à l’expertise de chacun de ses quatre enseignants, le Département de design est le bijou de l'école secondaire du Campus des Nations. Chacun spécialiste dans son domaine, qu’il s’agisse de conception de produit, d’électronique, d’informatique ou d’ingénierie, ils enseignent en équipe des cours du Middle Years Programme (MYP) et du Diploma Programme (IBDP), donnant à chaque élève un aperçu du monde vaste du design. Car le design s’arrête-t-il un jour ? Incessant et intemporel, il y a toujours quelque chose à améliorer, et chaque jour de nouvelles technologies apparaissent qui viennent faciliter notre vie quotidienne. « Dans le monde d’aujourd’hui, il est essentiel que nous fournissions aux élèves le savoir-faire et la culture technologique de demain » souligne Laurent Moreau, enseignant en design. Après tout, la vie consiste à résoudre des problèmes dans le but de créer un monde meilleur, tout comme dans le design. 

Basé sur la prémisse qu’un produit peut toujours être amélioré, les élèves commencent par identifier un problème puis sa solution. A cette fin, ils entreprennent un processus complet qui couvre l’analyse des produits, les plans de fabrication, la construction du produit, et parfois la création d’un manuel d’instructions pour la production de leur invention. La phase finale consiste en une évaluation, avec feedback et test des clients, pour évaluer le succès de leur conception. 

L’évolution du design

« Nous voulons que nos élèves se rendent compte que l’échec n’est pas une mauvaise chose » explique David Shaw, enseignant en design. Au contraire, les professeurs de design poussent les élèves à voir leurs inventions comme des produits vivants qui sont imparfaits et ont des défauts. En conséquence, ils peuvent identifier les moyens d’améliorer les produits et suivre l’évolution de leur invention. L’étude du design aide les élèves à développer leurs compétences sociales en pensant au design centré sur l’utilisateur. En d’autres termes, ils explorent comment l’utilisateur final peut bénéficier d’un produit donné – qu’il s’agisse d’un objet ou d’un système. Par exemple, en prenant leur école comme utilisateur final, les élèves des années 12 et 13 évaluent et réorganisent actuellement le système des arrivées tardives afin d’encourager la ponctualité de leurs camarades. 


Les élèves commencent par dessiner soigneusement leurs créations avant de passer à l'étape de production.

S’appuyant sur un large éventail de connaissances, y compris les mathématiques, la physique, la chimie et la biologie, le design réunit ces compétences pour leur donner un sens dans le contexte spécifique de la création de produits et de supports. « La force du design est qu’il sera toujours une science appliquée », explique le professeur de design Barnaby Bain. Grâce à cet apprentissage pratique, les élèves sont en mesure de développer davantage de compétences, notamment leurs aptitudes de résolution de problèmes, de dessin, d’atelier, de TIC et de rédaction de rapports techniques. « Étant donné que les élèves travaillent avec leurs propres données, pour arriver à un but spécifique qu’ils se sont eux-mêmes fixé, le travail leur paraît d’autant plus intéressant que si les données leurs étaient fournies par l’enseignant » poursuit Barnaby.

Rendre les élèves les maîtres de leur propre destin

Du point de vue des rôles de genre traditionnels, le design commence également à porter ses fruits, car un nombre croissant de filles choisissent d’étudier le design à des niveaux supérieurs. En effet, côté statistique, le Campus des Nations compte plus de filles que de garçons dans les classes de design au niveau du diplôme IB. Bien qu’il y a un équilibre entre les sexes dans les cours de design, l’ingénierie continue de poser des défis car les filles sont largement sous-représentées dans ce domaine. Cependant, grâce aux liens étroits entre le design et l’ingénierie, l’enseignement précoce du design représente sans aucun doute un pas dans la bonne direction pour arriver à une plus grande parité des genres. Ouvrant la voie à bon nombre d’études supérieures, de l’architecture à l’ingénierie, de la création de mode aux arts appliqués, du graphisme à la modélisation des systèmes et bien d’autres encore, le design se place à un carrefour d’études interdisciplinaires où les « préférences de genre » ne s’appliquent plus. 


Le professeur de design David Shaw enseigne le CAO, ou conception assistée par ordinateur.

L’une des principales forces du design est qu’il enlève l’enseignement des mains des professeurs et le place dans les mains de l’élève. Ainsi, dans les classes de design, les élèves sont activement encouragés à penser de manière indépendante, à être créatifs, à se lever et explorer par eux-mêmes des façons novatrices de créer et de construire. Pour David Shaw, l’enseignement du design doit « briser la formule classique de la classe traditionnelle » pour que les élèves se fixent eux-mêmes des objectifs clairs. Pour les élèves dyslexiques, la configuration des cours de design est particulièrement intéressante car elle s’adapte parfaitement à leurs talents plus créatifs. Tout en s’appuyant sur l’indépendance et le bon vouloir des élèves à mener à bien leur projet, les enseignants David Shaw, Barnaby Bain et Laurent Moreau s’accordent tous à dire que leur rôle est plus celui du « guide » que celui de « l’instructeur ». 

Le design est un sujet obligatoire pour tous les élèves des classes 7 à 11 dans le MYP, et un sujet à option pour les étudiants des classes 12 et 13 dans les filières du IBDP et du Career-related Programme

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