Friday 05 May 2017

Une expérience qui m'a ouvert les yeux

Cet article est tiré du Rapport annuel 2016 de l'Organisation Suisse Sagarmatha, qui oeuvre en faveur des enfants du centre Children of Sagarmatha situé à Katmandou au Népal. Dans la longue tradition humanitaire de l'Ecole internationale de Genève, Children of Sagarmatha tient une place particulièrement importante de par sa dédication à donner un accès à l'éducation aux enfants du centre. Ce témoignage nous parvient de Timothy Marchant, élève de 13e à La Châtaigneraie. 


Le voyage humanitaire au Népal auquel j’ai participé pendant les vacances de Pâques a été sans aucun doute l’une des expériences les plus gratifiantes de ma vie, et l’une des plus riches d’enseignements. J’avais organisé des activités de levée de fonds tout au long de l’année, et avant le début du voyage, j’anticipais avec plaisir le fait de voir où l’argent que j’avais récolté allait être investi.

Passer du temps au centre Sagarmatha, jouer avec les jeunes enfants et établir des liens d’amitié avec les plus âgés, ont été les principales caractéristiques de cette expérience humanitaire. La joie et la positivité des enfants, malgré la simplicité de leur existence et des choses qu’ils possèdent, m’ont beaucoup surpris. Ils étaient toujours prêts à jouer avec nous, à nous témoigner de l’affection, et à nous faire nous sentir les bienvenus dans leur petit lieu de Katmandou.

J’avais apporté deux sacs d’œufs en chocolat de Genève, et l’une de nos activités communes a été la chasse aux œufs de Pâques. Cette recherche joyeuse n’a pas duré plus de 5 minutes, mais une fois que les enfants ont débusqué tous les œufs, j’ai été impressionné par la façon dont ils les ont partagés entre eux. Des moments comme ceux-là me les ont fait voir comme une grande famille, collectivement unie, plutôt que comme des orphelins vivant ensemble. 

J’ai beaucoup appris d’eux. Pas uniquement des choses concrètes telles que des tours de magie et une technique d’hypnose (qui n’ont pas très bien fonctionné !) mais également un regard neuf et tonique posé sur le monde qui les entoure. L’enthousiasme qu’ils manifestent pour leurs études par exemple m’a permis de considérer ma propre vie d’élève d’une façon différente… Je devrais m’en souvenir toutes les fois que je me sens démotivé devant une tâche difficile. Leur gentillesse et leur ouverture m’ont appris à être plus relax et à prendre les choses comme elles viennent.
 
L’autre aspect du voyage fut son côté touristique, tout aussi révélateur. Les magnifiques temples et les sculptures étaient les exacts opposés de l’architecture européenne, ce qui les rendait fascinants à mes yeux. Nous avons également pu mesurer la terrible dévastation causée par le tremblement de terre qui avait frappé Katmandou l’année précédente. Se promener simplement dans les rues était une expérience qui en valait vraiment la peine – s’imprégner de toute cette atmosphère étrangère, essayer d’esquiver la circulation insensée, et d’éviter les vaches errantes et les singes qui se trouvaient çà et là sur les routes par ailleurs très polluées…

Ce voyage m’a dévoilé un monde complètement nouveau, dont j’ignorais tout. Le chaos de Katmandou est hors du commun en regard de la propreté ordonnée de la vie suisse. Mais tout aussi extraordinaire est le sens d’un but qu’on y perçoit. Partout autour de moi, les gens vivaient, travaillaient, bavardaient, distribuaient leurs produits sur les marchés qui bordaient les rues… Malgré le chaos, ce sentiment d’animation et de but faisait du bien, et c’est quelque chose dont j’ai ressenti le manque à Genève à mon retour. Le voyage a été parfois difficile, fatiguant, voire accablant, mais c’est souvent dans ce genre de circonstances que j’ai vécu les expériences les plus mémorables et appris les leçons les plus précieuses.

Timothy Marchant
Élève de 13e à La Châtaigneraie

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