Wednesday 22 Mar 2017

Sourire face à l'adversité

A l’âge tendre et innocent de seulement 12 ans, l’auteure et journaliste Irene Villa a perdu à la fois ses deux jambes et trois doigts. « Ce jour-là, nous avions entendu le bruit d’explosions lointaines », a-t-elle expliqué à son public composé d’élèves, d’enseignants et de parents hispanophones de l’Ecolint. « Quand ma mère et moi sommes montées dans la voiture pour aller à l’école, nous étions loin de penser qu’en plus de mes sacs d’école et de sport, nous transportions une bombe soigneusement cachée ». Plantée là par le groupe séparatiste basque ETA, elle était destinée à exploser quand la mère d’Irene aurait atteint son travail, dans un poste de police voisin. 

Ce jour terrible changea la vie d’Irène en un instant. Pourtant, pendant qu’elle se rétablissait de ses blessures à l’hôpital, elle se rendit compte que deux routes de trouvaient alors devant elle : « de vivre amère et souffrante, ou de recommencer à zéro, avec optimisme et bonne humeur, et de se battre pour retrouver ma vie ». Sans hésiter une seconde, Irene choisit la seconde option, décidant de se concentrer sur sa vie plutôt que sur son handicap. Pour son courage et sa détermination à sourire face à l’adversité, elle reçut même le prix Children of Europe des mains de Diana, princesse de Galles.

Peu importe le nombre de fois que l’on tombe, l’important c’est de se relever

Mais sa détermination fut à nouveau mise à l’épreuve quand elle déménagea de chez ses parents et, soudain, dut faire face à la réalité seule. « Quand vous touchez le fond, vous avez besoin que quelqu’un croie en vous », a poursuit Irene. Pour elle, c’est Rafael Alberti, le célèbre artiste espagnol, considéré comme l’une des plus grandes figures de la littérature espagnole, qui l’a poussé à voir les possibilités plutôt que de se concentrer sur les limites, lui rappelant que « le monde est comme l’on choisit de le voir ».

Décidée à surpasser son handicap, Irene s’est rendue en Suède pour se faire poser des implants afin d’obtenir des prothèses. Après quatre ans de multiples chirurgies, d’infections interminables, ainsi que d’innombrables heures de physiothérapie et de rééducation, Irene a à nouveau remarché. Se tenant fièrement debout devant son public à La Châtaigneraie, Irene a plaisanté en disant « qu’avec des fémurs espagnols, des implants suédois, des genoux allemands et des pieds prothétiques anglais, je suis devenu une ambassadrice européenne tout-en-un ».

Allant au-delà de la victime

Grâce à ces prothèses, la qualité de vie d’Irene s’est considérablement améliorée, au point qu’elle a pu recommencer à pratiquer le sport. « L’une de mes plus grandes fiertés est d’avoir été choisie pour représenter l’Espagne dans mes premiers championnats mondiaux de ski para-alpin », a-t-elle dit. Puis, peu après, s’ensuivit un deuxième moment de fierté et de joie avec la naissance de son premier enfant. Ce fut une occasion primordiale non seulement pour Irene, mais pour tous les survivants d’attentats terroristes en Espagne car « la fille qui avait été présumée morte il y a tant d’années donnait maintenant, elle-même, la vie » a-t-elle expliqué. 

La visite d’Irene à l’Ecolint a soufflé un fort vent d’espoir. Reconnaissant que la douleur est inévitable, Irene a rappelé aux élèves qu’il y a toujours un choix entre se résilier à souffrir, ou décider que la souffrance est facultative. « Si vous voulez être heureux, vous devez apprendre à pardonner. Si vous devenez rancuniers, c’est alors que vous cessez de vivre ». A cette leçon très important, elle a rajouté sa liste de valeurs fondamentales : l’estime de soi, l’amitié, l’activité, le désir, la détermination, la discipline, la patience, la prudence et la persévérance – un ensemble de principes étroitement aligné avec celui de l’Ecolint.

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